Chapitre Général 2019

Les Photos

Les images sont de Frédéric Serrano (dit Fred !) de la Flayssière. Avec tous nos remerciements pour ces superbes clichés.

Photos du Chapitre de Lucas Bois (Groupe Brésil)

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Dossier Préparatoire du Chapitre Général International de l’Arche.

Vous trouverez ci-dessous le dossier préparatoire du Chapitre Général 2019 à télécharger ou consulter.

Différentes langues sont à votre disposition : 

  • Français
  • Allemand
  • Espagnol
  • Italien

Vous y trouverez tout ce qu’il y a à savoir pour le bon déroulement de ce beau moment d’unité et de rencontre.                                                                                                                                                                                          Bonne lecture !

Fr – DOSSIER PREPARATIOIRE Chapitre Général 2019

D – VORBEREITUNGSDATEI General Chapter International der Arche 2019

Es – PREPARATIVO ARCHIVO Capítulo General Internacional del Arca 2019

It – DOSSIER DI PREPARAZIONE al Capitolo Generale dell’Arca 2019


image chapitre 2019


D- einladung zum generalkapitel 2019

D- feuille d’inscription chapitre 2019

 


It- invito al capitolo generale internazionale 2019

It- feuille d’inscription chapitre 2019

 


Es – invitación al capitulo general de 2019

Es- feuille d’inscription chapitre 2019


 

Fr- invitation-chapitre-general-2019

Fr- feuille d’inscription chapitre 2019


 

Réflexions en préparation du Chapitre Général International 2019


   Contribution de Gabriele Gabrieli, de Mantoue (Italie)

Juin 2019

Je m’appelle Gabriele Gabrieli. Je suis né en 1948, en même temps que la première communauté de l’Arche. J’habite à Mantoue, en Italie. Je suis objecteur de conscience, docteur en philosophie (avec une thèse sur Aldo Capitini) et ancien allié de l’Arche. J’ai été scout au sein de l’AGESCI, longtemps responsable du Centre d’éducation interculturelle de la Province de Mantoue, et engagé dans le cheminement de l’Église au côté des gens du voyages, Roms et Sintis. Je suis partie prenante du dialogue interreligieux, spécialement entre chrétiens et musulmans, et suis membre du groupe « In silenzio per la pace » (« En silence pour la paix ») de la ville de Mantoue.

Deux  images  illustrent  mon  chemin  de  découverte  de  la  non-­‐violence  en  lien  avec  l’Arche.  La première me voit en compagnie de Shantidas, Giannozzo Pucci et La Caille quelque part dans la basse-­‐plaine  du  Po.  Derrière  nous  on  aperçoit  les  arcades  en  briques  d’une  « barchessa »,  un bâtiment de ferme typique de la région, et le groupe d’amis avec lequel je m’apprête à vivre une brève expérience communautaire inspirée de l’Arche. L’autre image est du mois de juin dernier : on m’y voit aux abords de la « tente du silence » que l’on a dressé dans un parc public de la ville, dans le but de dénoncer les conditions de vie des sdf et inviter à rencontrer les habitants de l’autre-­‐ville. Entre la « barchessa » et la tente s’écoulent les années d’un cheminement déterminé, provisoire, parfois contradictoire, au fil desquelles l’Arche s’est assumée la responsabilité – parfois sans le savoir – de me garantir soutien intérieur, provocation, témoignage de vie, disponibilité à l’écoute et au dialogue.

J’essaie ici de mettre en évidence certains aspects de ce cheminement, souhaitant que cela puisse aider à la réflexion en cours sur l’Arche elle-même. L’approche existentielle répond à la demande expresse d’Annibale, lequel nous invite, dans son courriel, à lier les affirmations avancées à la pratique.

Au cœur de ce parcours je tiens à souligner l’engagement à me situer dans la contraposition entre la « ville-forteresse », celle de l’exclusion, de la domination, expression d’un monde enfermé, et la « ville-tente » ou « autre-ville », provisoire, le plus souvent inconnue, solidaire, et qui fait brèche. Comment agir en faveur de cette dernière, ouverte à la rencontre, désireuse d’accueillir toutes les diversités et de soutenir les réseaux de relations ? Comment la découvrir ? Comment en recueillir les fragments les plus minuscules ? Comment apprécier la fière et indomptable appartenance à celle-ci de tous ceux qui la vivent comme un choix conscient ? Une façon concrète de répondre à ces questions est de la parcourir d’un pas léger, pour essayer d’en discerner les frontières invisibles, de poser notre regard sur le visage d’autrui, en le reconnaissant comme            « personne », de se sentir invités à respecter cette réalité qui n’est pas faite que de malaise social et d’exclusion, mais aussi de solidarité et de confiance. Je suis convaincu que de tout petits gestes, y compris réciproques, peuvent constituer un premier pas dans l’établissement d’une citoyenneté partagée. Ces mêmes petits gestes permettent de reconnaître dans la relation, dans la rencontre, dans le respect de la dignité d’autrui le sens authentique d’une convivialité civique orientée à la réalisation d’une « cité pour tous ». Il nous faut aussi être disponibles au partage de parcours éventuels, de stratégies de résistance et de vie, qui privilégient la relation à partir du petit groupe.

Dans ce contexte il est possible de redécouvrir et de pratiquer des modes de vie propres à l’Arche : le cheminement, l’ouverture à la contemplation active, au silence, à l’écoute, au projet partagé, à la convivialité des différences, dans une continuelle redéfinition et capacité à « prendre le large ».

Privilégier la « ville-tente » invite à partir depuis les marges, depuis les périphéries perçues comme lieu de possibilité radicale, comme choix. Ce n’est pas une fuite, mais le choix d’être caché, apparemment en échec ; c’est un chemin de plénitude, de convivialité, selon les modalités que chacun acceptera de vivre. C’est dans ce contexte que la proposition du « silence pour la paix » trouve son origine et sa force. Régulièrement notre « caravane » arrive sur une des places de la ville pour y installer le « cercle et/ou la tente du silence ». On installe les nattes, dresse la tente, accroche les tentures et allume le brasero : autant de signes apparemment extérieurs d’une action non-violente qui s’est déployée dans le temps, expression d’un silence partagé, solidaire, non complice, « cri muet » capable de réveiller nos consciences et celles des autres envers la dignité niée, la violence, l’abandon dont sont victimes les « petits » en tant d’endroits du monde. C’est une invitation à être attentifs à l’appel de la « petite voix silencieuse » (Gandhi) qui put aider à faire naître en chacun de nous un engagement concret pour la paix et la justice. Ivan Illich nous invite à considérer le silence comme l’un des biens communs (common) qu’il faut protéger. Il faut donner voix à la pluralité des visions et de projets qui émerge de la rencontre avec les habitants de l’autre- ville. Certains suggèrent d’élaborer ensemble un vocabulaire comportant des paroles de sens commun et partagé. Á notre niveau nous avons eu l’idée de constituer une bibliothèque de rue dont le premier volume est un texte assez particulier, écrit par les protagonistes dans les différentes langues du monde (ou seulement dessiné) : Le livre des chemins qui permet de percevoir les différentes facettes, les fragments que, lentement, nous avons pu recueillir ou recomposer, et qui constituent la trame de cette « ville plurielle » incertaine et variée qui prend vie en nous peu à peu. C’est une présence qui est valeur, ressource, défi. Le livre des chemins est en voyage – non pas sur la Toile – pour être partagé par des groupes, des communautés ou de simples personnes. Un autre livre est en préparation, consacré au « dialogue de la vie quotidienne » en contexte inter-religieux.

J’associe étroitement à cette réalité en devenir la valorisation de la dimension éducative, tout particulièrement envers les jeunes, me souvenant que « les relations non-violentes sont essentiellement des relations éducatives » (Ernesto Balducci).

Tout comme pour le Nai Talim gandhien, il est essentiel d’offrir des opportunité éducatives afin que les jeunes puissent découvrir leur propre projet de vie et se mettent au service de l’homme dans la joie, dans la défense de la justice, de la nature et de la légalité. Comment les accompagner ? E favorisant la création de lieux de rencontre et la présence de personnes capables de marcher à leurs côtés et surtout de les écouter.  Je voudrais évoquer ici une zone de verdure que nous avons  arrachée au ciment, dans un quartier périphérique de la ville de Mantoue. Avec un groupe d’éducateurs scouts sensibles à la non-violence inspirée par l’Arche, nous avons créé un lieu facilement accessible, en bord de route, ouvert à la nouveauté de chaque rencontre. Nous l’avons appelé la « maison de bois ». Nous voulions nous laisser interroger et transformer par ce fragment d’humanité qui y serait passé. Et c’est ce qui s’est passé : des scouts, des jeunes en recherche, des gamins délurés de la communauté tsigane (sinti), des personnes provenant d’horizons religieux ou philosophiques différents. Cela a été une aventure magnifique, au croisement des différents langages, cultures et projets. Chaque soir à 19 h. le son d’une petite cloche invitait au rappel et à la prière interreligieuse pour la paix, découverte à l’Arche. Nous nous sommes engagés à devenir les « amis du monde entier » et nous avons essayé de l’être pendant plus de vingt ans. La prière et les relations perdurent encore.

Je voudrais avancer une autre proposition : Lier les actes de notre propre vie au cheminement concret d’un petit peuple, d’une minorité avec laquelle partager le quotidien, dans la limite de nos possibilités. Expérimenter l’aventure de la fidélité, d’un temps privilégié qui nous invite à lire les évènements du monde à la lumière de ce lien. Avec Bonhoeffer, ce serait « regarder les grands évènements de l’histoire universelle à partir d’en-bas, selon l’optique des exclus, des suspects, des maltraités, des moqués, en un mot, des souffrants ». J’ai eu la possibilité de rencontrer une petite communauté de familles tsiganes (sinti) et, au fil du temps, me sentir partie vivante de la commune humanité. Cette expérience m’a saisi toujours davantage, transformé, créant proximité, partage, parfois souffrance. Il y a eu un très bel échange aller-retour entre la petite roulotte – appelée aussi  la kampina de Jésus – arrivée au centre de l’aire (mal nommée « camp d’arrêt »), occasion et lieu de rencontre quotidienne, et la « maison de bois », qui nous a conduit à assumer des liens et ds engagements toujours plus vastes, en particulier au sein de l’église siltuée au milieu des caravanes des Sinti et des Rom.

C’est dans ce contexte que je n’ai pas renouvelé l’alliance, parce que cela me semblait manquer de respect envers ceux qui, en Italie, exploraient de nouveaux sentiers qui demandaient autant de fidélité et d’engagement. Je n’aurais pu mener de front ces deux engagements et, à l’écoute de la petite voix silencieuse, j’ai pris cette décision, tout en m’efforçant de continuer dans la direction indiquée par l’Arche – « du travail sur soi à l’engagement dans le monde » – été j’ai mûri au fil des rencontres à La Borie, à La Fleyssière, à Massafra, à Lugnaco, à Monteveglio, aux Tre Finestre et en d’autre lieux encore.

La dimension interreligieuse associée à la convivialité des différences, au métissage, représente un autre élément important à promouvoir au sein de la « ville-tente », reconnaissant à chaque personne et à chaque communauté un droit inviolable d’expression et de culte. En cela l’Arche a été en avance sur les temps.

Je conclus avec une question que je considère très actuelle : « Comment le ‘dialogue de la vie’ (de la chair et non du papier) vécu dans notre quotidien, dans les champs, sur les routes, peut-il nous transformer en instruments de réconciliation, en centres et lieux de rencontre de visages, de  cultures, de fois religieuses, dans la construction d’une ‘humanité plurielle’ ? ». Je suis certain que l’Arche saura comment répondre.

Avec mes vœux de Paix, Force et Joie.


  QUELQUES REMARQUES DE ANNIBALE C. RAINERI  A PROPOS DE:

“EXTRAIT DU LIVRE DE CLAUDE-HENRI ROCQUET ET ANNE FOUGÈRE”            

  1. Ce texte contient des idées importantes qui me posent des questions.
  2. Je crois qu’il faut avoir aujourd’hui une pensée radicale
  3. De nos jours la non-violence est devenue une théorie académique et une profession technique de travail institutionnel. Elle a perdu sa radicalité
  4. La première pensée radicale nécessaire aujourd’hui c’est celle concernant la violence. Il est difficile de penser la violence. Nous fuyons devant cette pensée.  La violence nous aide ou nous fait détourner l’attention ?

Roquet et Fougère écrivent:

“Peut-être, la pensée de la violence devrait-elle commencer par cette question : qu’est-ce qui en nous, en moi, fait obstacle à la pensée de la violence?  Quelle serait cette violence qui nous fait détourner le regard de violence et taire en nous la pensée de ce mal.  Paradoxe:  penser la non-violence, s’attarder à en faire la théorie, à la prêcher est un des obstacles à la pensée de la violence.  Paradoxe plus cruel: peut-être le désir d’user des moyens connus de la non-violence laisse-t-il à la violence le champ libre”.

 Si la nonviolence académique et institutionnelle fuit la pensée radicale autour de la violence – justement parce qu’elle oeuvre à l’intérieur des “institutions démocratiques” il est possible et utile de ne pas mettre notre “travail intellectuEl” autour de la question “Qu’est ce la non- violence?”  Sans réfléchir (et donc chercher et penser) sur la non-violence, l’idée de violence ne reste-t- elle pas pure régativité?

  1. La deuxième pensée fondamentale est celle de l’amour. L’amour précède la lutte contre la violence.

Claude Henri Roquet et Anne Fougère écrivent:

“Le mot non-violence porte l’ombre de ce qu’il nie et non sa propre lumière, l’affirmation de ce qu’il invente et affirme”

Sans la pensée de la vie et de l’amour, la nonviolence resterait victime de la négativité qu’elle nie.    Mais pouvons nous considerer tout cela uniquement “du vécu”, “simplement la vie”, sans réflechir ?

  1. Nous devons construire une philosophie complète, un édifice philosophique transparent, notre force c’est l’expérience de communauté. Mais il n’y a pas d’expérience (allem. Erfahrung) si on ne pense pas. L’expérience ce n’est pas seulement vivre (allem. Erlebnis).  L’expérience c’est la vie devenue humaine, communiquée, même si on est conscient que quelque chose au de là de nos paroles reste irréductible.  D’autre part des textes, comme par exemple celui rédigé par le Conseil International à propos des maisons communautaires, aurait-il pu voir la lumière sans la presence d’une théorie? La théorie est souvent implicite, cachée, mais quand on utilise la langue, la présence d’une théorisation est évidente et découle de la réflexion.
  2. Peut-être “l’affirmation des droits de l’Homme, l’action humanitaire, la démocratie” peuvent eux aussi être “obstacle à la pensée de la violence”, peuvent être ce qui nous fait détourner le regard de violence et taire en nous la pensée de ce mal”.

Nous devons nous demander de quelle manière l’action humanitaire, garantie par les états (monopole de la violence légitime), et spécialement le pouvoir des démocraties, font partie d’un système de violence, une forme cachée de violence, qui donc est un obstacle pour la pensée qui tache d’aller au fond des choses.  Voilà la difficile tâche que nous avons:  chaque fois que nous agissons à l’intérieur d’institutions humanitaires nous devons regarder le revers de la médaille “qu’est ce que nous apportons implicitement ?”, “quel est le modèle de civilisation, la forme de vie que nos bonnes actions transmettent, nos bonnes institutions ?”  

  1. Le style de l’Arche, la réflexion sur ses expériences communautaires peuvent nous faire dire NON à la violence et OUI à la vie. Mais les deux sont nécessaires: “NON” et “OUI”.  Il n’y a pas de non-violence (négation) sans amour de la vie, il n’y a pas d’amour de la vie (affirmation) sans non-violence.
  2. Notre effort c’est d’essayer de répondre à la question: “Que signifie humain ? Qu’est ce la vie humaine ? Qu’est-ce que c’est l’Humanité?”

Annibale

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Note di Annibale C. Raineri su

«Extraits du livre de Claude-Henri Rocquet et Anne Fougère»

  1. Il testo «Extraits du livre de Claude-Henri Rocquet et Anne Fougère» contiene pensieri importanti e pensieri che mi pongono delle domande.
  2. Credo che oggi è necessario avere un pensiero radicale.
  3. Oggi la non-violenza si è trasformata in una teoria accademica e in una professione tecnica di lavoro istituzionale. Essa ha perso la sua radicalità.

      4 Il primo pensiero radicale necessario oggi è il pensiero della violenza.

Pensare la violenza è difficile. Spesso fuggiamo di fronte a questo pensiero. La nonviolenza ci aiuta o ci distoglie?

Scrivono Rocquet e Fougére:

«Forse, il pensiero della violenza dovrebbe cominciare da questa domanda: cosa c’è in noi, in me, che fa ostacolo al pensiero della violenza? Cosa sarebbe questa violenza che ci fa distogliere lo sguardo dalla violenza e zittire in noi il pensiero di questo male? Paradosso: pensare la non-violenza, attardarsi a farne la teoria, a predicare è uno degli ostacoli al pensiero della violenza. Paradosso più crudele: forse il desiderio di utilizzare i mezzi noti della non-violenza lascia il campo libero alla violenza»

 Se la nonviolenza accademica ed istituzionale sfugge al pensiero radicale intorno alla violenza – proprio perché opera all’interno delle “istituzioni democratiche” – è possibile ed utile non impegnare la propria “fatica del pensiero” intorno alla domanda «Cosa è la non-violenza»? Senza il pensiero (e quindi la ricerca e la riflessione) sulla nonviolenza, il pensiero della violenza non resta pura negatività?

  1. Il secondo pensiero fondamentale è il pensiero dell’amore. L’amore precede la lotta contro la violenza.

Scrivono Rocquet e Fougére:

«La nonviolenza porta in sé l’ombra di ciò che nega e non la sua luce propria, l’affermazione di ciò che crea e afferma»

 Senza il pensiero della vita e dell’amore, la nonviolenza resterebbe vittima della negatività che contraddice.

Ma di tutto questo si può fare solo “vissuto”, “pura vita” senza riflessione?

  1. Non dobbiamo costruire una filosofia completa, un edificio filosofico trasparente, la nostra forza è l’esperienza di comunità. Ma non c’è esperienza (ted. Erfahrung) senza pensare. Esperienza non è il semplice vivere (ted. Erlebnis). L’esperienza è la vita resa umana, portata nel linguaggio, pur consapevoli che qualcosa oltre il linguaggio resta irriducibile. D’altra parte testi come ad esempio quello del Consiglio Internazionale sulle case comunitarie sarebbero stati possibili senza una teoria? La teoria spesso è implicita, nascosta, ma dove c’è linguaggio là c’è sempre, col pensiero, una teorizzazione.
  2. Forse anche «l’affermazione dei diritti dell’Uomo, l’azione umanitaria, la democrazia» possono essere ciò che «ci fa distogliere lo sguardo dalla violenza e zittire in noi il pensiero di questo male».

Dobbiamo interrogarci su come l’azione umanitaria garantita dagli apparati degli stati (monopolio della violenza legittima), ma specialmente il potere delle democrazie sono inserite dentro un sistema di violenza, ma specialmente dentro una forma nascosta di violenza, che quindi ostacola il pensare che va alla radice. Ecco il difficile compito che abbiamo: ogni volta che agiamo dentro istituzioni umanitarie dobbiamo guardare l’altra faccia della medaglia: «Cosa implicitamente portiamo?» «Quale modello di civiltà, quale forma di vita trasmettono le nostre buone azioni, le nostre buone istituzioni?»

  1. Lo stile dell’Arca, la riflessione sulle sue esperienza comunitarie può condurre a intendere il dire No alla violenza e dire Si alla vita. Ma sono due dire, ambedue necessari: «No» e «Si». Non c’è non-violenza (negazione) senza amore della vita, non c’è amore della vita (affermazione) senza non-violenza.
  2. Il nostro sforzo è provare a rispondere alla domanda: «Cosa è umano? Cosa è la vita umana? Cosa è l’Umanità?»

Annibale


Regards actuels sur la violence.

Extraits du livre de Claude-Henri Rocquet et Anne Fougère :                                 « Lanza del Vasto, pèlerin, patriarche, poète » – Chapitre 9, page 153 etc…..

Non-violence : on peut estimer que ce terme est regrettable et n’a pas la force de « communisme », par exemple ou « socialisme » ou « démocratie » ou « lutte pour les droits civiques » « lutte pour les droits de l’homme » ou même «  pacifisme ».

Il porte l’ombre de ce qu’il nie et non sa propre lumière, l’affirmation de ce qu’il invente et affirme.

Désigner une vertu active, positive par un terme négatif est malencontreux. Il faut ensuite toujours expliquer que la non-violence n’est pas une passivité, une résignation, une acceptation. Que la non-violence est de dire non à la violence. On a beau répéter cela, l’ombre est là et le malentendu.

Lanza, sans doute, ne pouvait que l’adopter pour sa propre doctrine. Il semble qu’il le fit avec piété puisqu’il dit en parlant de Gandhi :

« Et c’est bien en souvenir de son épopée que le mot « non-violence » est entré dans nos langues, traduction du sanscrit Ahimsa. Mais Gandhi sentit le besoin de lui trouver un autre nom plus fort et plus positif : Satyagraha ou forte adhésion à Sat, force intérieure de Sat. Or Sat signifie Vérité ou Etre.

Donc, très exactement : Force de la Vérité ou…Force de l’Esprit.

P.156 Critique d’un terme :

On peut regretter ce terme pour une autre raison : il induit à penser que la « nonviolence » existe, qu’elle est une doctrine constituée, dogmatique (à quoi la splendide formulation de Lanza contribue), alors qu’il s’agit d’une inlassable recherche de la vérité, d’une perpétuelle suite « d’expériences avec la vérité » pour reprendre le titre que donne Gandhi dans son autobiographie. D’une invention, d’une aventure, des leçons tirées de l’erreur et de l’échec. Et que toute action non-violente conjoint un principe immuable et une circonstance, un ensemble instable, complexe de circonstances particulières.

On risque à parler éloquemment de la non-violence, d’en venir à croire et à faire croire qu’elle est une espèce de personne morale, une Loi toute écrite, une entité .

Paradoxalement, mais naturellement, la non-violence, humble recherche de la vérité risque de se changer en une chose extérieure à qui la recherche, en ombre, en idées et en formules, en idole. En philosophie, en religion, en idéologie. Elle risque de perdre son sel.

Sans doute,s’ il y a un temps où il s’agit de faire connaître la non-violence et de l’étudier pour en parler, il est un temps pour n’en rien dire, la vivre sans qu’elle soit nécessairement reconnaissable et déclarée. ……………………………………………………………………….

Sans doute,en un premier temps et pour lui donner chance de se constituer en Occident, était-il nécessaire de donner de la « non-violence », la beauté d’un édifice intellectuel et moral, l’apparence d’une pensée définitive, achevée, cristalline. L’acuité et le fil d’une parole inouïe.

Quelque chose d’ana