Visite au charnier de Jujutla/Visita a las fosas de Jujutla 4 abril

FRANÇAIS

Depuis un an, la UAEM (Université Autonome de l’Etat de Morelos) participe au soutien des familles des disparus, dans leur recherche des corps. Malgré le fait que cette recherche est soutenue par la Loi des Victimes, le gouvernement mexicain met continuellement des empêchements. On découvre des charniers dans tout le pays. La UAEM a participé très concrètement en deux: l’année dernière à Tetelcingo, où on a découvert 117 corps et maintenant à Jujutla, où on en a découvert pour l’instant 56.

J’ai visité ce charnier, un union avec les familles, pour donner témoignage de ce qui se passe ici.

Dans un coin d’un cimetière de la ville, sous une tente, avec un soleil de plomb et une odeur de pourriture, les familles ne peuvent que regarder de loin le travail des équipes médico-légales. Elles ont demandé de pouvoir amener leur propres experts, comme la loi des Victimes leur donne droit, mais on leur a empêché l’entrée. Elles regardent comme la pelleteuse prend la terre sans aucun soin, elle déchire les corps, les défait en morceaux. Les familles demandent avec force qu’on les traite avec dignité, ce sont les corps de leurs êtres aimés, qu’ils cherchent depuis des années, mais la machine continue son travail. Comment, dans ces conditions, trouver un corps entier? Ils ont un grande peine ainsi qu’une grande colère voyant que, jusqu’à la fin, leurs êtres aimés ont été traités sans respect, comme des ordures, dans un pays où le respect des défunts est un des fondements de la culture traditionnelle.

Les photos des disparus sont partout. La grand majorité ce sont des jeunes, filles et garçons souriants, gais, pleins de vie.

J’ai pu rencontrer des mères qui font partie des différentes associations de familles de victimes. Les liens de solidarité entre elles sont très forts. Je suis restée très touchée par leur courage, leur intégrité, leur constance. Elles affrontent tout, ne cèdent pas. J’ai pu les enregistrer et nous mettrons leur témoignage sur le site en rentrant. Elles veulent que le monde sache ce qui se passe au Mexique. Je leur ai proposé de demander à l’UAEM d’organiser une campagne internationale de signatures, que l’Arche pourrait soutenir.

Ces charniers symbolisent pour moi la déshumanisation grandissante de notre société. Mexique en est l’exemple extrême mais ce qui se passe ici nous montre où nous allons, si nous ne changeons pas de direction.

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ESPAÑOL

Desde hace un año, la UAEM (Universidad Autonoma del Estado de Morelos) participa al apoyo de las familias de desaparecidos en la búsqueda de los cuerpos. A pesar de que esta búsqueda esta sostenida por la ley de Victimas, el gobierno mexicano pone continuos impedimentos. Se descubren fosas en todo el país. La UAEM ha participado muy concretamente en dos: el año pasado en Tetelcingo, donde se descubrieron 117 cuerpos. Y ahora en Jujutla, donde por ahora se han descubierto 56.

He visitado esta fosa, en unión con las familias de las víctimas, para dar testimonio de lo que pasa aquí.

En un rincón del cementerio municipal, bajo una carpa, con un sol de plomo y con olor de podredumbre, las familias solo pueden mirar de lejos como trabajan los equipos forenses del estado. Han pedido llevar sus propios peritos, como la ley les da derecho, pero se les ha negado. Ven como una excavadora entra en la tierra sin ningún cuidado, destrozando los cuerpos. Piden que se les trate con dignidad, son los cuerpos de sus seres queridos que buscan desde hace años, pero la maquina continua. ¿Cómo, en estas condiciones, encontrar un cuerpo concreto? Sienten la pena y la cólera de ver que, hasta el final, los han tratado sin respeto, como basura, en un país donde el respeto de los difuntos es una parte muy importante de la cultura tradicional.

Las fotos de los desaparecidos están en todas partes. La inmensa mayoría son jóvenes, chicos y chicas sonrientes, alegres, llenos de vida.

He podido entrevistar a madres que forman parte de diferentes asociaciones de familias de víctimas. Los lazos de solidaridad entre ellas son muy fuertes. He quedado profundamente impresionada por su entereza, su valentía, su constancia. Se enfrentan a todo, no ceden.

Me han permitido grabarlas mientras hablamos y pondré sus testimonios en nuestra página internacional en cuanto regrese.

Quieren que el mundo sepa lo que está pasando aquí. Yo les he invitado a que organicen una campaña de correos electrónicos a nivel internacional, con la ayuda de la UAEM y del Arca, a la que todos estarán invitados a participar.

Estas fosas simbolizan para mí la deshumanización creciente de nuestra sociedad. México es un ejemplo extremo, pero lo que pasa aquí nos muestra hacia dónde vamos si no cambiamos de rumbo.

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